Gold & Bones – Le quadruple A de la littérature pop
Nouveau livre de notre ami Guy-Roger Duvert, qui cette fois-ci propose la thématique des pirates. En tant que joueur de Skull & Bones, le parallèle entre les deux m’a accroché tel un grappin d’abordage. Je ne sais pas pour vous, mais j’adore prolonger un moment cinéma, lecture ou autre œuvre dite passive avec un jeu vidéo similaire. Les sensations en jeu sont assez différentes d’une session classique (en ce qui me concerne). Gold & Bones ne déroge pas à la règle, sachant que l’histoire n’est pas sans rappeler certains événements récents du jeu…
Si le “quadruple A” d’Ubisoft se déroule dans l’océan Indien, le récit lui reste essentiellement situé aux Caraïbes. Du moins dans sa deuxième partie, la première démarrant l’aventure en France, plus précisément entre la ville de Vannes et la région parisienne. Nous suivons les méandres de deux protagonistes que tout oppose. D’un côté un pirate de bas étage constamment imbibé de rhum, de l’autre un noble aux bonnes manières chasseur de flibustiers. Les deux hommes sont amenés à collaborer par la force des choses, alors qu’ils sont naturellement ennemis jurés en temps normal.
Autant vous dire que bon nombre de situations cocasses sont au rendez-vous, avec des dialogues teintés d’humour et d’incompréhensions entre nos deux héros. Rien que leur façon de parler est quasiment une langue étrangère l’un pour l’autre, c’est des plus amusants. Toutefois, la situation est grave, sachant que le pirate et capitaine Shiny Bones doit retrouver son équipage qui l’a en partie trahi. Quant à l’amiral et vicomte de l’Auroi, c’est sa famille qui est en péril face à un complot qui cherche à l’éliminer.

Nos deux compères détiennent chacun des éléments permettant d’aider l’autre, ce qui les force à s’allier. Dans un premier temps, nous découvrons la vie de chaque personnage, ainsi que les événements qui font basculer leur existence dans le chaos. Si d’habitude c’est la partie la plus paisible d’une histoire écrite (le temps de planter le décor), ici tout s’accélère très rapidement. Le moment charnière est évidemment quand nos personnages se réunissent, car ils vont rapidement quitter le continent pour voguer vers les Caraïbes.
Dès lors, c’est aussi bien une chasse au trésor et à l’homme qui prend forme. Sans compter que le vicomte doit composer avec des pirates qui veulent sa mort juste à côté de lui, une situation explosive (tant au sens propre que figuré…) qui là encore propose un récit des plus savoureux. Bones est l’élément clé au milieu de tout cela, permettant de garder le vicomte en vie par pur intérêt car il peut gagner gros à l’arrivée. Chacun poursuit une cible bien précise, mais tous les amènent au même endroit malgré leurs différences. Une nouvelle fois, l’auteur parvient à composer un récit captivant du début à la fin !
L’AVIS Du rédacteur
Pour une fois, nous allons terminer ce rapide article sur la conception du roman lui-même. En effet, si nous en sommes au 19ème livre publié par l’écrivain (tous ont un article dédié sur ce site), c’est en réalité le tout premier (bien avant Outsphere), écrit avant même la réalisation du long métrage Virtual Revolution. Si vous suivez le parcours de Guy-Roger, vous savez que l’audiovisuel fait partie de ses nombreuses compétences. Vous remarquerez assez facilement en lisant le livre, la capacité de cette oeuvre à être adaptée au cinéma.
Ce que vous savez moins en revanche, c’est l’origine de l’inspiration du récit lui-même. L’une des passions de l’auteur, c’est le jeu de rôle grandeur nature. C’est à l’occasion de l’un d’eux que l’idée a germé, une aventure de pirate qui s’est déroulée en 2008. Une bonne partie de l’écriture découle de cette théâtralisation, mais avec un dénouement qui nous ramène à ce que j’appelle désormais le Multiduvert (seuls les lecteurs de ses livres comprendront ce terme)…